Comptes rendus sur les interventions scolaires

" Le Théâtre Instrument pour l’Ecole "

Ecole Ampère Maternelle Grande Section Nantes
Ecoles de Gizeux et Continvoir (37) en milieu rural
Ecole Planchet, travail avec les enfants malentendants
Ecole des Châtaigniers CP, CE1, CM2 Nantes (Z.E.P.)

Années Scolaires 2001-2002

Suivi du stage de théâtre à l’école Ampère, centre Nantes
Maternelles Grandes Sections, environ 24 élèves par Classe

Intervenants : Christine BEFFEYTE, Guillaume LERAY, Vincent CLERGIRONNET (deux 1ères séances), Alessandro ARICI pour la direction artistique. Hiver 2002

Le théâtre est une dimension dans laquelle l’enfant va pouvoir reconnaître les deux éléments qui sont à la base même de l’acte artistique : le public et la scène.

Pour des enfants de 5 ans, la scène est identifiée comme un espace dans lequel il est possible de faire croire au public " des choses qui n’existe pas ".
Le public lorsque il est personnifié par les enfants est le groupe qui soutient, qui " croit " à ce que les acteurs sur scène proposent. De ce point de vue l’atelier a donc mis l’accent sur la reconnaissance de la part des enfants de cet espace, ainsi que sur la capacité à le distinguer de l’espace école ou de l’espace de jeu " ordinaire ". Les rideaux imaginaires qui s’ouvrent sur un public signifié par la présence de l’institutrice, des intervenants théâtre, ainsi que parfois d’une partie du groupe sont un repère physique tout en étant imagé. Ainsi la concentration, l’attention et l’intensité dans le jeu sont canalisés par le fait même d’être en présence du public et de créer une " scène ".

La danse des animaux

Fruit d’une recherche amenée depuis 1992 permet aux jeunes enfants de conjuguer danse, contact, improvisation, maîtrise, concentration, et de retrouver progressivement la spontanéité des personnages représentés, à savoir : des animaux qui se rencontrent, qui s’apprivoisent, qui jouent, et communiquent par les gestes et les onomatopées de la savane.

Les trois mouvements de base sont le repère pour pouvoir inventer progressivement une chorégraphie de plus en plus complexe et dans laquelle les enfants puissent se sentir de plus en plus à l’aise. Il est évident que la danse
des animaux comme le théâtre n’est qu’un prétexte qui permet aux enfants d’approche et d’accepter davantage les possibilités offertes par son propre corps et le corps de l’autre, pour mélanger masculin et féminin, pour mélanger les différences de poids, de sexes, d’apparences, de langues etc.

Le rôle des intervenants en tant qu’adultes est fondamental entre autre pour amorcer le suivi du stage. En effet, les enfants qui sont aidés physiquement par des adultes à accomplir les mouvements, et qui ont comme partenaire un adulte comme compagnon de jeu vont accepter l’évidence d’un espace de jeu dans lequel l’adulte joue avec eux, et quitte le rôle de : surveillant ou enseignant. Dans la logique du personnage animal, il est normal de se confronter à d’autres " espèces animales " qui tout en étant différentes vont pouvoir s’amuser à vivre la même réalité que la notre.

L’après stage consiste pour les enseignants à proposer aux enfants une histoire simple qui puisse se dérouler dans la savane ayant comme canevas physique les trois mouvements de base, et laissant place au déroulement d’une histoire déjà découverte en classe ou inventée par l’occasion. Il est fondamental que dans cette phase du travail l’institutrice reprenne le rôle ‘aide à la création de façon à retrouver le climats et la complicité favorisé par le fait qu’il s’agit du théâtre. Le contact physique avec les enfants pour les aider à accomplir précisément les mouvements de base ainsi que le fait d’accomplir les mêmes mouvements avec eux à chaque fois que cela est possible permettra de consolider cette complicité nécessaire à la création collective étant le cursus scolaire une création collective.

C’est au moment où les intervenants théâtre ne seront plus présent que imaginer la présence du public va être fondamentale car elle justifiera aux yeux des enfants l’attitude " artistique " des enseignantes, et ils pourront continuer à faire la différence entre le moment scolaire et le moment théâtrale.

Le jeu des émotions

Il est important de souligner que chaque proposition faite au long de l’atelier théâtre s’appuie sur les mêmes ressorts proposés dans tous les stages professionnels, quelque soit l’âge des participants. Cela permet, si la proposition est reprise par l’enseignant ou par d’autre ateliers semblables, de créer un point de repère dont l’enfant va pouvoir profiter dans un deuxième temps dans son contexte scolaire ou professionnel.

Le jeu des émotions est particulièrement indiqué pour relativiser les états d’âme qui souvent sont vécus par l’enfant (que ce soit les siens ou ceux de son entourage). Ces états d'âmes sont vécus non pas comme porteurs de messages mais plutôt comme événements strictement émotionnels, positifs ou négatifs, mais en tout cas non révélateurs.
Dans le contexte du stage, les émotions sont abordées, évidemment, à nouveau, du point de vue du personnage. C’est bien le personnage qui vit une réalité qui le porte à transmettre au public joie, colère, peur, tristesse. Les émotions sont donc une couleur particulière destinée à colorier et rendre plus vivant le tableau que nous sommes en train de créer.
Nous touchons là à la base même théâtre car " faire croire une chose qui n’existe pas " équivaut dans le théâtre professionnel à ce qu’on appelle la réalité du personnage qui a comme contrainte de s’appuyer sur la fantaisie et non pas sur le vécu des acteurs. C’est ainsi que l’enfant reconnaît la part de " cinéma " que l’on retrouve lorsque, au quotidien, nous appuyons nos états d’âme outre mesure et il lui devient plus simple de comprendre et partager les intuitions canalisées par ses émotions.
Sur le plan artistique, l’enseignant va pouvoir s’appuyant sur une histoire, sur un conte, sur une situation inventée, pousser plus loin cet univers qui a été découvert au moment du stage. Dans l’atelier, des personnages " humain " se retrouvaient dans une réalité dans laquelle un objet présent (objet : le mur, la porte, le sol…) leur déclenchait une réaction joyeuse, ou triste, ou…

L’intervenant a pris soin de leur souffler si nécessaire une phrase à jouer suffisamment étrange à la réalité quotidienne de l’enfant pour qu’ils puissent se retrouve à nouveau à créer ce " quelque chose qui n’existe pas " . L’élan de création, toujours vécu tant que possible en présence du public a permis aux enfants de commencer à utiliser le corps en tant que moyen d’expression, la voix en tant que véhicule d’émotion, le texte en tant que moyen de transmission d’une réalité artistique. Cela va de soi que désormais la suite des événements dans la classe peut s’envisager assez amplement.

Par exemple : des courts poèmes peuvent être davantage appris par cœur si l’enseignant, faisant référence à ce qui s’est passé dans l’atelier, propose aux enfants de mettre une intention, un message dans telle autre ou autre phrase, et si possible d’imaginer avec eux de quel personnage il s’agit, et de la raison pour laquelle ce personnage " vit " cette phrase. Il est très indiqué de profiter de cette approche de la création du personnage par le jeu des émotions par le fait de reprendre le passage du stage qui a vu les animaux intensifier leur vécu par le fait de transmettre une sensation. Là encore, l’enseignant doit faire appel à ses talents de conteuse pour indiquer quelle est la réalité dans laquelle le personnage évolue. L’exercice peut s’effectuer, comme pendant le stage, aussi bien en groupe que individuellement. La voix peut être donc un moyen pour amplifier la création ou pour commencer à intégrer un texte que l’enseignant souhaite décortiquer et apprendre avec les enfants.

L’imaginaire

L’imaginaire n’est pas une matière qui doit être apprise aux enfants, l’imaginaire n’a pas une forme particulière qui serait en quelque sorte valable pour tous et chacun. L’imaginaire est une valeur présente dans chaque individu (qui par l’occasion on pourrait appeler artiste), et qui devient visible et reconnaissable à chaque fois que l’environnement créé autour de l’enfant le permet.
C’est ainsi que pendant l’atelier a été consacré un temps important au soutien et à l’écoute de l’autre. De ce point de vue, la suite des événements en classe peut faire appel de plus en plus clairement à l’attitude qui nous permet de prendre le temps de reconnaître des petites et grandes œuvres d’art qui nous entourent, soit-elles naturelles (environnement, ses couleurs, ses sons, …) ou construites par des artistes (tableaux, musique, …). C’est pour cette raison que l’expérience proposée aux enfants a consisté les yeux fermés à toucher la main d’un autre enfant pour ensuite dire la première image leur venant à l’esprit peut être reprise et développée si possible toujours les yeux fermés avec d’autres partis du corps (le visage, le creux de la main, les bras) ou avec des objets aussi divers que possible (l’écorce, les fruits, …).
Le voyage imaginaire proposé lors de la 7ème séance a permis de redécouvrir la facilité avec laquelle les enfants peuvent se relaxer et laisser place au monde fantastique. Cet exercice est particulièrement important car il propose à l’enfant de faire confiance à son environnement et aux personnes qui l’habite ainsi que à son monde intérieur. C’est pour cette raison qu’il n’est pas obligatoire que les yeux soient fermés et que les enfants, à condition qu’ils ne dérangent pas le travail des autres, peuvent bouger. A été remarqué à la fin de l’exercice une grande attention et prédisposition au partage pendant lequel les enfants ont échangé l’expérience d’imagination qu’ils venaient d’accomplir. Le dessin fait en classe a une importance précise : en effet, c’est grâce au dessin (qui reste un moyen de communication) que l’enfant va pouvoir boucler ce parcours de création et raconter l’essentiel de l’histoire imaginaire. Au cas où il serait possible pour l’enseignante de continuer à profiter de cette approche à la création d’une histoire, le pas suivant pourrait être de raconter aux autres enfants l’essentiel du voyage de façon qu’une histoire puisse commencer à s’en dégager et que au fond, on puisse retrouver et développer davantage l’objectif principal de la création théâtrale : initie les enfant à la création et permettre par la confiance de s’extérioriser davantage.

La marionnette et formes théâtrales associées

Nous entendons par marionnette le fait que les enfants jouent les "marionnettes"
Deux variantes de marionnettes ont été proposées aux enfants.

La marionnette animée par la musique, pour laquelle la musique agit comme un stimulus sur telle ou telle partie du corps (le bras, la tête, le dos, les jambes, le visage etc.) et qui permet aux enfants de travailler sur ce que l’on appelle le mouvement spontané. C’est à dire sur la capacité à se rendre physiquement disponible à la création par le laisser-faire plutôt que par le faire, par l’abandon plutôt que par la répétition. L’enfant peut ainsi avoir accès de plus en plus amplement aux multiples possibilités du corps (à des mouvements jusque là insoupçonnés),et à la capacité à laisser le corps réagir de façon extrêmement précise au stimulus de la musique.

La marionnette à fil : l’un des deux enfants est le marionnettiste et le premier est la marionnette : Le marionnettiste touche l’endroit de la marionnette pour indiquer où il vient de fixer le fil, tend le fil imaginaire, et ensuite, avec la complicité de celui qui joue la marionnette qui suit le mouvement des marionnettistes, tire le fil de façon à bouger la marionnette, le fixe avec un nœud imaginaire, puis passe à un autre fil sur le dos de la main, ou le coude, le menton, au plaisir….
La découverte de la manipulation du corps de l’autre dans un objectif de création permet de travailler sur : l’écoute, la concentration, la précision, la création du personnage.

Le soutien et le groupe.

La classe est une Compagnie, la compagnie soutien chaque élément, chaque acteur qui se trouve sur scène. Il s’agit là d’un travail de longue haleine, que, contrairement à ce que nous pouvons penser, ne s’appuie pas du tout sur la patience des enfants à attendre leur passage sur scène. Il s’agit de reconnaître progressivement et de mieux en mieux que, comme déjà énoncé, l’intuition est nulle si son accueil par l’écoute est absent. Artistiquement, il est donc important que l’enseignant puisse proposer des moments de jeu pendant lesquels le centre de la question sera : " qu’est ce que vous entendez, qu’est-ce que vous voyez, à votre avis, quel est le personnage qui est joué sur scène, qu’est-ce que la marionnette représente dans cette position… " Le rôle de la partie de la compagnie qui soutien l’acteur qui joue est un rôle actif fondamental pour se préparer à passer sur scène à son tour et mieux saisir ce qui permet de faire croire au public " quelque chose qui n’existe pas ".

Il n’est pas superflu de rappeler que le théâtre est une dimension de jeu qui vise à permettre à chacun d’exprimer ses intuitions dans un climat d’écoute de façon à permettre qu ‘elle puissent devenir des gestes accomplis et donc des créations reconnaissables au bout du compte par le public.

Suivi du stage de théâtre dans les écoles de Gizeux et Continvoir,
écoles en milieu rural, ouest Indre et Loire

Dates : du 14 janvier au 25 mai 2002,
Pour chaque classe : 14 séances de une heure trente en classe entière.
Présentation de travail le 25 mai à 20 heures.

Intervenants : Christine BEFFEYTE, Vincent CLERGIRONNET, Guillaume LERAY, Charlotte MAINGARD, Alessandro ARICI pour la direction artistique.
Petites et moyennes sections maternelles
Grandes Sections maternelles et CP
CE1 et CE2 , CM1 et CM2

L’objectif de ce projet était de permettre à tous les enfants des écoles de Gizeux et Continvoir de faire un parcours en tant qu’acteur afin de développer leur disponibilité à la création artistique dans le cadre du théâtre.
Suite au parcours, tous les enfants de l’école ont en commun un certain nombre de points de repère artistique quelle que soit leur tranche d’âge. Il sera donc possible, d’une année sur l’autre de reprendre des expérimentations connues de tous (la marionnette, etc.)

Le travail s’est terminé par une " présentation de travail " qui a eu lieu devant 200 personnes le 25 mai 2002 et a représenté pour les enfants une première expérience de rencontre avec le public avec les points de repère du théâtre tels que nous les avons proposés.
De plus elle a représenté un appui concret pour pouvoir travailler sur le soutien et sur " l’urgence " de la création.

Nous pouvons donc distinguer deux grandes phases de travail :
- une phase d’initiation et de découverte des différents points de repère du travail d’acteur.
- une phase de création ou de préparation de la présentation de travail.

Le théâtre tel qu’il a été proposé est une dimension dans laquelle l’enfant va pouvoir reconnaître les deux éléments qui sont à la base même de l’acte artistique : le public et la scène.

Pour les enfants, la scène est identifiée comme un espace dans lequel il est possible de faire croire au public " des choses qui n’existent pas ".
Le public, lorsqu’il est personnifié par les enfants, est le groupe qui soutient, qui " croit " à ce que les acteurs sur scène proposent.
De ce point de vue les séances ont donc mis l’accent sur la reconnaissance de la part des enfants de cet espace théâtre (scène et public), ainsi que sur la capacité à le distinguer de l’espace école ou de l’espace de jeu " ordinaire ". Les rideaux imaginaires qui s’ouvrent sur un public signifié par la présence de l’enseignant, des intervenants théâtre, ainsi que d’une partie du groupe sont un repère physique tout en étant imagé. Ainsi la concentration, l’attention et l’intensité dans le jeu sont canalisées par le fait même d’être en présence du public et de créer une " scène ".
Pour les enfants de 7 à 10 ans, toutefois, on va utiliser la capacité des enfants à mieux comprendre verbalement les propositions pour travailler plus directement sur le positionnement de l’acteur.

Le positionnement de l’acteur

C’est l’attitude que l’acteur doit adopter afin d’être posé et disponible sur scène, et ainsi laisser place à la première intuition artistique, acceptant que toutes les intuitions sont déjà accessibles (il n’y a pas d’ " échauffement particulier "), et cela avec douceur, confiance et détermination.
Du début à la fin, et quel que soit l’enjeu (la présentation de fin d’année), une attention a été mise par les intervenants sur le fait que chaque enfant puisse progresser dans la capacité à se positionner en tant qu’acteur, et pour que l’attitude de toute la classe (la "compagnie de théâtre") aide chacun dans cette progression.

Pour les 7-11 ans, la plupart des séances ont commencé par un temps d’échange qui visait à permettre aux enfants de se retrouver directement face à la proposition qui leur était faite : une compagnie d’acteurs dans un espace de création, et non des stagiaires-acteurs dans un espace entre l’école et la récréation. Bien entendu, la présentation de fin de stage a été un stimulus important à cet égard, mettant l’accent sur l’urgence de la création. On a vu les enfants de CE et CM en capacité de se mettre de plus en plus rapidement et spontanément en condition de créer.

Pour les enfants la traduction de " positionnement de l’acteur " est passée par des termes tels que : " oser ", " être dans le personnage ", " tout ce qui arrive sur scène, c’est au personnage que cela arrive ", " je ne sais pas quoi faire sur scène est déjà une attitude de création " (= je me relaxe suffisamment dans le fait de ne pas savoir pour accéder à l’intuition suivante). On notera à cet égard qu’une bonne part du travail notamment pour les CE1 et CE2 s’est effectuée autour de cette notion de " ne pas savoir ". On retrouve ici l’un des points de repère du positionnement de l’acteur tels qu’ils sont proposés aux adultes dans les stages professionnels. En effet le fait d’accepter de ne pas savoir permet d’accéder à l’attitude créatrice dans laquelle il est possible de laisser place à des intuitions nouvelles ou qui jusqu’ici n’avait pas retenu notre attention.
Ce premier élément est à mettre en relation directe avec la principale constante qui concerne le travail avec les enfants et qui peu à peu a pu être apprivoisée par les quatre classes qui est qu’au théâtre : " c’est dans l’essai que se situe la réussite ".

Le travail qui a été fait a été :

1 - La danse des animaux
(voir descriptif complet dans le compte rendu de l'école Ampère)

Suite à cette approche, la suite du travail a consisté à proposer aux enfants une histoire simple ayant comme canevas physique les trois mouvements de base, et laissant place au déroulement d’une histoire déjà découverte en classe ou inventée par l’occasion.- (le loup et les sept biquets)
Il a été fondamental que dans cette phase du travail que l’institutrice adopte le rôle d’aide à la création de façon à participer au climat et à la complicité favorisés par le fait qu’il s’agit du théâtre. Le contact physique avec les enfants pour les aider à accomplir précisément les mouvements de base ainsi que le fait d’accomplir les même mouvements avec eux à chaque fois que cela a été possible a permis de consolider cette complicité nécessaire à la création collective. A noter que le cursus scolaire est lui même une création collective.

C’est au moment où les intervenants théâtre ne seront plus présents qu’imaginer la présence du public va être fondamentale car elle justifiera aux yeux des enfants l’attitude " artistique " des enseignantes, et ils pourront continuer à faire la différence entre le moment scolaire et le moment théâtral.

Pour rappel :
1er mouvement de la danse des animaux : les deux personnes sont dos à dos, l’une portant l’autre.
2ème mouvement : une personne passe sur le dos de l’autre en posant son ventre dans le creux du dos de l’autre en perpendiculaire, puis passe ses mains posées au sol sous le ventre du premier, et progresse jusqu’à rouler sur le dos (au sol).
3ème mouvement : l’un (à genoux) masse le dos de l’autre, celui-ci étant enroulé autour du premier, ventre contre ses genoux.

2 - La marionnette et formes théâtrales associées
(voir descriptif complet dans le compte rendu de l'école Ampère)

Pour les CE et CM, une expérimentation d’autres formes théâtrales a été réalisée : le théâtre danse (sous la forme des plantes qui croissent), le gardien de la musique (personnage qui contient un dragon plein de vie, lequel bouge et cherche à s’échapper avec la musique).

Dans ces expériences, les enfants se trouvent en contact intime avec eux-même (leurs corps, leurs sensations) dans un cadre très précis (bouger telle partie du corps à tel moment). Il peut percevoir ce qui est facile, difficile, nouveau et repérer de plus en plus aisément la sensation de " justesse " propre au travail d’acteur et qui se retrouve dans tous les autres domaines.

3 - Le jeu des émotions
(voir descriptif complet du jeu des émotion dans le compte rendu fait pour l'école Ampère)

Sur le plan artistique, nous avons pu (s’appuyant sur une histoire, sur un conte, sur une situation inventée) pousser plus loin cet univers qui a été découvert au moment du stage.
Dans les ateliers des maternelles / CP, des personnages animaux (d’abord lions, puis loups, biquets) se retrouvaient dans une réalité dans laquelle la position imaginée des autres animaux (ex : le loup frappe à la porte) leur déclenchait une réaction joyeuse, ou triste, ou…
L’intervenant a pris soin de leur souffler (si nécessaire) ou de laisser qu’ils inventent une phrase à jouer suffisamment étrange à la réalité quotidienne des enfants pour qu’ils puissent se retrouver à nouveau à créer ce " quelque chose qui n’existe pas ", et ce en relation avec la présentation de fin d’année.

Le jeu des émotions a été abordé pour les CE / CM comme pour les maternelles / CP notamment par le travail suivant : il s’agissait de laisser la place à un personnage dans une série d’actions racontées par l’intervenant ou un conteur sur scène et qui faisait vivre au personnage plusieurs émotions contrastées.

L’élan de création, toujours vécu tant que possible en présence du public a permis aux enfants de commencer à utiliser le corps en tant que moyen d’expression, la voix en tant que véhicule d’émotion, le texte en tant que moyen de transmission d’une réalité artistique. Le travail des intervenants a été de permettre que ces découvertes soient utilisées dans les personnages sur scène, afin que ces expériences ne soient pas des exercices mais bien des outils de création.

4 - L’imaginaire
(voir descriptif complet du travail sur l'imaginaire dans le compte rendu fait pour l'école Ampère)

Le voyage imaginaire proposé à quelques reprises en fin d’atelier (GS/CP, CE et CM) (les enfants sont allongés et écoutent un voyage imaginaire raconté par l’intervenant à l’aide d’un fond musical très doux) a permis de redécouvrir la facilité avec laquelle les enfants peuvent se relaxer et laisser place au monde fantastique. Cet exercice est particulièrement important car il propose à l’enfant de faire confiance à son environnement et aux personnes qui l’habitent ainsi qu’à son monde intérieur. C’est pour cette raison qu’il n’est pas obligatoire que les yeux soient fermés et que les enfants, à condition qu’ils ne dérangent pas le travail des autres, peuvent bouger. Le dessin qui suit cette expérience est très indiqué : en effet, c’est grâce au dessin (qui est un moyen de communication) que l’enfant va pouvoir boucler ce parcours de création et raconter l’essentiel de l’histoire imaginaire. Au cas où il serait possible pour l’enseignante de continuer à profiter de cette approche à la création d’une histoire, le pas suivant pourrait être de raconter aux autres enfants l’essentiel du voyage de façon qu’une histoire puisse commencer à s’en dégager et qu’au fond, on puisse retrouver et développer davantage l’objectif principal de la création théâtrale : initier les enfants à la création et leur permettre, par la confiance, de s’extérioriser davantage.

A noter que tout le travail d’improvisation sur les contes ont permis un large travail sur la capacité d’invention des enfants.

5 - Le soutien et le groupe
(voir descriptif complet du travail sur le soutien et le groupe dans le compte rendu fait pour l'école Ampère)

L’amélioration de la capacité d’écoute les uns des autres a été amené par le fait de soutenir les " collègues ", tous étant dans le " même bateau ", et donc " je donne de l’importance au travail de l’autre pour que mon propre travail soit mis en valeur ".

A noter (surtout pour les CE / CM) qu’il est normal que le groupe passe par des étapes de réaction au travail (jugement, moquerie, distraction, commentaires), et qu’elles sont des occasions de mieux comprendre comment travailler ensemble. Tout le travail d’improvisation qui a précédé la création proprement dite a permis de travailler sur l’attitude du groupe tout autant que sur la performance des acteurs sur scène.

6 - Improvisations sur scène

Avant la création du " loup et des biquets ", du " Chat Botté " et de la " Cité des ruses ", les passages sur scène, individuels ou en groupe, ont été l’occasion pour les enfants de laisser place à leur capacité à improviser. Que ce soit sur le tapis magique (l’enfant rentre sur un espace très délimité, dés qu’il est entré, il laisse place à un personnage sans réfléchir, et en augmentant l’intensité jusqu’à ce qu’il en soit sorti), ou dans d’autres cadres, l’improvisation permet à l’enfant d’apprendre à se faire confiance devant les autres et donc à s’appuyer sur le regard des autres. Le public n’est plus alors considéré comme le juge de nos performances mais plutôt comme le soutien qui va permettre d’inventer et d’oser. Le travail d’improvisation permet d’expérimenter le fait que la création collective repose plus sur la capacité à se débrouiller et sur l’envie de rencontrer l’autre que sur une prédisposition ou une connaissance technique.

Avec le " loup et les sept biquets ", le " Chat Botté " et la " Cité des ruses ", il a été possible de se servir de contes comme cadre d’improvisation (raconter l’histoire, ou le point de vue d’un personnage, ou…).

7 - La présentation de travail

Le travail sur les contes a constitué un fil directeur suivi tout au long de la partie de préparation de la présentation de travail.
Les enfants ont pu ainsi créer de petites scènes racontant des parties de l’histoire dans lesquelles il a été possible d’intégrer des éléments du travail fait au préalable (travail corporel, jeu des émotions, création du personnage, prise en compte de l’environnement imaginaire proposé, prise en compte de ses propres intuitions, urgence de l’histoire racontée, rôle du public, soutien des collègues de travail).

Il n’est pas superflu de rappeler que le théâtre est une dimension de jeu qui vise à permettre à chacun d’exprimer ses intuitions dans un climat d’écoute de façon à ce qu’elles puissent devenir des gestes accomplis et donc des créations reconnaissables au bout du compte par le public.

Les intervenants ont proposé à un moment donné un canevas très précis dans l’objectif que les enfants puissent aller en toute confiance devant le public.
En complément les intervenants ont choisi deux options au moment de la création de la présentation de travail : d’abord celle de montrer sur scène la façon dont les enfants ont fait cet apprentissage du théâtre (qui correspond à la marionnette, le jeu des émotions, la danse des animaux, etc.), ensuite celle de travailler sur le sens des contes proposés.

D’une façon générale, il est à noter le sérieux, la motivation, le respect du public et des collègues de travail que les enfants ont mis en place dans le travail à l’occasion de cette présentation. Il a été possible de donner à chacun un rôle de même importance et de les fédérer autour d’un projet commun.
De plus, tous ont fait un effort d’expression et de capacités vocales afin de pouvoir se faire comprendre devant 200 personnes, et tous ont pu aboutir des intuitions qui leur avaient été propres dans la création de cette manifestation.

Notons pour finir que les enfants ont pu regarder le moment de spectacle qui bouclait la soirée de présentation de travail en tant que collègue, c’est à dire accédant au statut de public actif, soutenant avec acuité et pertinence un moment de création.

Compte rendu du stage de théâtre à l’école Planché, école centre Nantes
Travail avec des enfants malentendants et des enfants entendants.

Intervenants : Charlotte MAINGARD, Vincent CLERGIRONNET
Direction artistique : Alessandro ARICI
Durée du travail :12 Séances d’une heure trente Classe CE2 25 élèves

Objectif du projet tel qu’il a été formulé en préalable au travail :

" L'objectif de ce projet est de pouvoir apporter un complément au projet d'école en lui donnant une dimension artistique par la pratique du théâtre.
Ce projet prévoit de rassembler une trentaine d'enfants parmi lesquels certains sont sourds ou malentendants.
Il sera donc proposé aux enfants un parcours en tant qu'acteur dans lequel ils pourront développer leur disponibilité à la création collective dans le cadre du théâtre.

Par "disponibilité à la création collective" nous entendons :
- La capacité à soutenir et respecter le travail d'une "compagnie"
- La capacité à oser exprimer et aboutir des intuitions artistiques avec et devant les autres.
La partie la plus importante du travail sera axée sur la rencontre entre les enfants acteurs de capacités auditives différentes. Notons qu'il s'agira non seulement d'apprendre à considérer ensemble comment chacun, quelle que soit ses spécificités, peut être considéré comme un acteur à part entière, ayant les intuitions artistiques qui sont propres à sa sensibilité.
Mais encore que les enfants seront invité à créer ensemble à travers le théâtre, un espace de rencontre commun à tous, dans lequel tous seront invités à se dépasser.

La collaboration entre l'enseignant et l'intervenant devra permettre aux enfants de comprendre comment réintégrer dans le contexte scolaire les éléments acquis dans le cadre de la création artistique. "

Déroulement

En pratique le travail s’est déroulé en trois phases :

- une phase de préparation en groupe séparé
- une phase de rencontre
- une phase de création collective

Une phase de préparation en groupe séparé
Dans un premier temps (environ trois séances), les deux groupes (enfant sourd et malentendant et enfant entendant) ont suivi un travail parallèle de préparation, censé leur permettre d’envisager la rencontre et la création collective avec les points de repères nécessaires qui sont :

- le fait que dans le cadre artistique la réussite est contenue
dans le fait même d’essayer
- le soutien du travail des autres est une condition sine et qua non
au travail de théâtre

Avec chaque groupe différent, le théâtre a été défini comme une dimension dans laquelle l’enfant va pouvoir reconnaître les deux éléments qui sont à la base même de l’acte artistique : le public et la scène.

Pour des enfants de 5 ans, la scène est identifiée comme un espace dans lequel il est possible de faire croire au public " des choses qui n’existent pas ". Le public lorsque il est personnifié par les enfants est le groupe qui soutien, qui
" croit " à ce que les acteurs sur scène proposent. De ce point de vue l’atelier a donc mis l’accent sur la reconnaissance de la part des enfants de cet espace, ainsi que sur la capacité à le distinguer de l’espace école ou de l’espace de jeu " ordinaire ". Les rideaux imaginaires qui s’ouvrent sur un public signifié par la présence de l’institutrice, des intervenants théâtre, ainsi que parfois d’une partie du groupe sont un repère physique tout en étant imagé. Ainsi la concentration, l’attention et l’intensité dans le jeu sont canalisés par le fait même d’être en présence du public et de créer une " scène ".

Pour les enfants sourds et malentendants
Plusieurs outils ont été proposés :

La danse des animaux,
Le jeu des émotions,
L’imaginaire,
Le soutien et le groupe,
(voir descriptif complet dans le compte rendu de l'école Ampère)

Compte rendu concernant le travail effectué à l'école des Châtaigniers
Ecole en Zone d'Education Prioritaire, périphérie de Nantes
(hivers 2001 puis 2002)

1 - CP (23 élèves)

L'Objectif était de libérer chez les enfants une disponibilité physique qui puisse leur permettre de considérer leur propre corps comme un outil d'expression.
Nous avions noté qu'il serait important que le travail soit amené avec les enfants de façon à ce qu'ils fassent le lien avec le travail effectué avec l'institutrice notamment sur la base du livre "La chaise bleu".
De même il devait être possible pour l'institutrice de reprendre certains exercices afin de pouvoir continuer seule l'activité théâtre.

Le parcours qui leur était proposé a pris appui au départ sur le monde animal et la "danse des animaux" (Danse contact). Trois mouvements principaux ont été abordés, et ont permis aux participants :
- de prendre contact avec le corps de l'autre dans le jeu et d'envisager ce contact avec de plus en plus de confiance et de douceur.
- de travailler à préciser des mouvements afin de les réaliser de plus en plus naturellement, ce qui les a amenés chacun à faire un pas de plus dans la conscience du corps
- d'investir dans un cadre précis une très grande envie de jouer au "lionceaux"(danse des animaux), ce qui fut en l'occurrence un point de départ important dans ce groupe.

Le travail sur la danse des animaux a été repris et amené un peu plus loin au début de chacune des quatre séances.
Sur les deux dernières séances la notion de public a été amenée plus loin :
il s'agissait cette fois-ci de " faire croire au public que nous sommes des lionceaux qui jouent ensemble ".
Imaginer la présence du public et donc s'approcher davantage de la réalité d'un spectacle a permis non seulement de faire un pas de plus dans la concentration et l'écoute mais encore de commencer à comprendre pour chacun que les capacités ou les incapacités peuvent servir à nourrir le personnage. Cela permet de prendre de la distance et de jouer à profiter de ses doutes, en faisant aussitôt la matière même de la création.

Le travail sur "la marionnette" (La musique qui est proposée est reçue par l'acteur comme un stimulus qui anime telle ou telle partie du corps, un peu comme une marionnette désarticulée et électrique) à permis d'explorer très librement le mouvement soit de parties du corps isolées soit de tout le corps.
Pour certains participants, il a été mieux compris que le mouvement spontané qui découle des essais sur scène et qui peut être assimilé à du "n'importe quoi" peut être juste et qu'au théâtre on peut se l'autoriser.
Pour d'autres (qui se l'autorisaient déjà largement), il s'agissait de comprendre que c'était bien cela qui était demandé, mais aussi que l'on peut être de plus en plus précis (par rapport à l'arrêt du mouvement lorsque la musique cesse et au fait de ne bouger que la partie du corps concernée). Le respect de la précision du cadre proposé permet de créer davantage.
Le travail sur scène qui a été amené, avait pour consigne : "de faire croire au public une chose qui n'existe pas".
Le premier pas pour l'ensemble des participants fut de visiter à nouveau des zones déjà explorées (comme le mime), afin de pouvoir tranquillement improviser et cela de plus en plus librement. Aucune direction ou indication n'ont été données si ce n'est pour remarquer et souligner comment la proposition de chacun contenait quelque chose de juste.

Un axe majeur a été de considérer que c'est l'attention de tous qui fait que l'on peut voir les qualités d'acteur de chacun. (comme dans une équipe de football, ou autre jeu d'équipe...)
L'attention a grandi au cours des 4 séances.
Tant est si bien que chacun a pu improviser pour la dernière séance une partie du texte "la chaise bleu".
Sur les derniers passages nous avons constaté que les enfants avaient saisi:

- la possibilité de se transformer par le corps et la voix en toute sorte de personnages (ici principalement des animaux)
- la possibilité qu'offre la scène de tout dire et dans toutes les langues (animales, humaines ou inconnues)
- le fait que chacun puisse avoir une intuition originale et une sensibilité bien particulière.

Une attention particulière a été mise pour que l'enseignante puisse intégrer les renseignements perçus pendant l'atelier pour en faire des outils pour la suite de son travail artistique avec les enfants. A cet effet une rencontre avec l'intervenant et le directeur artistique de la compagnie a été programmée avant la reprise du travail.

2 - CE1 (24 élèves)

L'Objectif était de proposer aux enfants un certain nombre d'expérience sur le mouvement et le corps qui puisse leur permettre de faire confiance dans leur capacité à s'exprimer. Plus précisément un travail était demandé afin de constituer une base d'exercices et de notions sur lesquels pourrait s'appuyait leur futur travail de Compagnie.
Les enfants avaient déjà effectué un travail sur le mime et sur "La pièce de 10 centimes" avec l'institutrice.

De même il devait être possible pour l'institutrice de reprendre certains exercices afin de pouvoir continuer seule l'activité théâtre.

Pour ce qui est de la "danse des animaux" et des "marionnettes" nous pouvons observer une certaine ressemblance avec le parcours fait par l'autre classe, nous nous attachons ici à noter les différences.

Si l'enthousiasme et la motivation n'ont pas manqué nous notons cependant qu'un véritable parcours de découverte a été fait par chaque enfant.
Il a semblé en effet fondamental tout au long des quatre séances de laisser aux enfants la possibilité de choisir leur participation à l'atelier. Pour toutes les expériences proposées l'intervenant a laissé ouvert la possibilité d'observer le travail. Dans le même temps les enfants qui étaient observateurs pouvaient à tout moment rejoindre l'exercice. Cette marge de manœuvre permet :
- de focaliser sur le fait qu'il faille absolument que les enfant osent, participent ou s'amusent, ce qui leur permet de découvrir que ce sont bien eux qui ont le choix
- que chaque enfant puisse repérer pour lui même comment il s'y prend pour choisir
- de valoriser l'observation comme une participation active, dans laquelle regarder un collègue travailler me permet de comprendre comment le soutenir, en essayant de repérer ce qu'il y a de juste dans son essai, ce qui au final me permet d'en tirer des éléments qui m'aideront dans mes propres essais.

La nécessité de choisir permet enfin de tirer de chaque expérience tous les renseignements. C'est de la clarté de ce choix que dépend tout le travail : je ne peu pas tirer de conclusion sur un travail choisi à moitié
Pour cette classe encore des pas importants ont été fait lors de l'exercice des "marionnettes à fil" (travail à deux dans lequel la marionnette se laisse manipulée par un marionnettiste qui use de fil invisible, signalé par le fait de toucher la partie que l'on veut bouger. Il s'agit de tendre un fil invisible, puis de le tirer et de finir en faisant un nœud). Dans ce cadre plus posé et plus calme un certain nombre de notions abordées dans la "danse des animaux" ont été réinvesties : travail à deux, écoute, concentration etc. Là encore c'est bien la précision du cadre proposé qui permet de créer davantage.

Pour ce qui est des passages sur scènes et du travail réalisé sur "la pièce de dix centimes", les enfants ont pu expérimenté qu'au théâtre il ne s'agit pas de bien dire, de réciter ou de répéter le texte mais bien d'inventer à chaque fois la manière que le personnage a de vivre la situation dans laquelle il se trouve.
Le travail proposé était un travail d'improvisation sur la base du texte et de découverte de ces multiples tournures. De fait leur propre sensibilité, intuitions et idées ont pu être explorées.

Lors des deuxième et troisième séances un travail important a pu être amené sur le fait d'oser devant les autres. Une clé importante pour cette classe fut d'imaginer d'avoir dans le public le petit frère ou la petite sœur, à qui il faut faire croire une chose qui n'existe pas.
L'image d'une équipe de football a été déterminante dans la compréhension de l'importance du soutien des autres dans leurs essais sur scène.

De même nous avons pu étendre la réflexion sur les futurs métiers et ce que le théâtre apporte de fondamental et de commun à toutes les professions.

3 - Concernant la classe de Fabienne Charlet CM2 (25 élèves)

L'Objectif était de libérer chez les enfants une disponibilité physique et orale qui puisse permettre à chacun d'extérioriser devant les autres des choses non dites, par le geste et par la parole.
Il était important de travailler à se faire confiance en tant que "collègue" de classe et de se soutenir dans le travail artistique.
Un axe de travail était proposé suite à une approche en classe d'une pièce de théâtre sur le thème de l'appétit et du goût.

Le travail corporel sur "la marionnette"(Voir ci dessus) a été proposé à plusieurs reprises afin de permettre aux enfants d'explorer de plus en plus librement le mouvement de toutes les parties de leur corps, ensemble ou séparément. Cet exercice lie précision et lâché prise, il permet de comprendre petit à petit qu'il s'agit moins de faire que de laisser faire le corps, et que là encore une grande dose de confiance et de détente permet de libérer des mouvements de plus en plus libres et de plus en plus spontanés.
Il a été nécessaire de faire avec les enfants un travail de fond sur le soutien et le regard des autres collègues. Ainsi ce groupe a pu faire un pas de plus dans l'acceptation des uns et des autres tels qu'ils sont.

Le travail de "la marionnette" a été prolongé par des parcours imaginaires (des "voyages") où ils créent tous ensemble des formes diverses (une flaque d'eau, le vent, les gouttelettes d'un nuage, des marionnettes en bois dans le métro, des footballeurs ...). Ainsi les enfants peuvent-ils de plus en plus faire le lien entre l'exercice et le personnage (travail sur scène).
Dans le même esprit, des exercices de contact ont été amené afin de développer la confiance entre collègues.
Un point important fut l'apprentissage du travail entre fille et garçon, chacun a pu grâce aux outils proposés faire un pas de plus dans ce domaine. Nous soulignons que le travail de théâtre en l'occurrence de contact permet en tout premier lieu d'évoquer concrètement cette "difficulté à travailler ensemble" qui nous le savons est encore une étape normale d'évolution autant sur le plan artistique que sur le plan scolaire.
Un élément fédérateur est encore l'hypothèse d'un spectacle à monter ensemble.
en effet cette "urgence" permet de dépasser les difficultés.(en temps de spectacle on ne se pose pas la question)
Dans cette partie (et d'une façon générale) les enfants de cette classe ont montré une envie sincère d'avancer et d'essayer de nouvelles choses.

L'imagination des enfants a été sollicitée de nombreuses fois soit par des exercices ( créer des formes et inventer un personnage, réaliser des sculptures et inventer la parole de la sculpture,...), soit par les passages sur scène.
Au niveau de l'expression orale, il a été amené à plusieurs reprises la possibilité d'essayer d'inventer des histoires par le fait de raconter des mensonges. Les enfants ont pu explorer un travail d'acteur qui consiste à être les plus crédibles et naturels possibles, tout en étant de moins en moins réalistes dans les propositions.

Les passages sur scènes ont été fréquents. C'est l'aboutissement de tous les exercices qui ont pu être proposés qui permet d'arriver au personnage sur scène. La compréhension de "comment jouer un personnage devant les autres" est passée par plusieurs niveaux :

- le fait d'oser tout simplement se lever et proposer quelque chose,
- le fait (pour ceux qui osent déjà) d'être de plus en plus précis et d'aller dans des zones moins connues
- le fait de mener jusqu'au bout une intuition dans un cadre précis, et de l'aboutir suffisamment pour que la forme soit reconnaissable par les autres.
- le fait d'accepter que la réussite est dans le fait d'essayer

L'importance de se soutenir les uns les autres est également passée par plusieurs niveaux :
- donner une attention suffisante à ceux qui passent sur scène
- ne juger ni ceux qui sont passés, ni ceux qui ne sont pas passés
- soutenir concrètement ceux qui n'osent pas : ainsi certaines fois les passages se sont faits à plusieurs

Le travail sur scène a permis à chacun de faire un pas de plus dans le fait d'oser et de soutenir les autres. Les enfants ont eu souvent des idées très belles. Ils ont progressé clairement dans l'écoute des uns et des autres.
A certains moments, l'utilisation du thème de la pièce de théâtre a permis de proposer une exploration déjà commencée en classe et de faire un lien éventuel avec le futur travail de mise en scène de cette pièce.

Contact : Compagnie de la Pastière – Château de Gizeux 37340 GIZEUX

Tel/fax (4 lignes) 02 47 96 50 92 - gizeux@lapastiere.com

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